Risque des tensions  entre policiers et opposants ce vendredi à Kinshasa

La journée de ce vendredi 12 juin s’annonce sous haute tension. Malgré le refus du gouverneur de la ville-province de Kinshasa,
une frange de l’opposition reunie au sein de la Coalition Article 64 (C64) maintient son sit-in devant devant le Palais du Peuple, siège du Parlement, pour protester contre un projet de changement de la Constitution.

Réunis jeudi avec les organisateurs, les autorités provinciales ont maintenu leur refus d’autoriser le rassemblement sur le site choisi. Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a rappelé que le Palais du Peuple demeure un « site inviolable ».

En guise d’alternative, l’exécutif provincial a proposé le terrain Assosa, situé dans la commune de Kasa-Vubu. Une offre rejetée sans détour par les leaders de l’opposition qui estiment que le choix du siège du Parlement est hautement symbolique dans leur démarche.

Vers une confrontation redoutée ?

« C’est confirmé, tous Tshangu, Mont Amba, Funa et Lukunga, demain vendredi 12 juin devant le Palais du Peuple à 9h00 », a martelé Prince Epenge, porte-parole de la plateforme Lamuka sur les réseaux sociaux, appelant à une mobilisation massive à travers les quatre districts de la capitale.

L’atmosphère est électrique. Alors que le gouverneur Bumba a récemment fait preuve d’une grande fermeté dans la gestion de l’ordre public à Kinshasa — multipliant les rappels à l’ordre contre les occupations illégales d’espaces publics — les observateurs craignent une confrontation entre les forces de l’ordre et les militants.

Un contexte constitutionnel brûlant

Cette tension s’inscrit dans un climat national particulièrement sensible, marqué par l’adoption récente, à l’Assemblée nationale, de la loi sur l’organisation du référendum. L’opposition, qui qualifie le projet de changement de la Constitution de « menace contre l’ordre constitutionnel », promet d’utiliser tous les moyens légaux pour empêcher le président Félix Tshisekedi d’obtenir un troisième mandat.

Le Palais du Peuple restera-t-il inaccessible aux manifestants comme le souhaite l’autorité urbaine, ou les opposants réussiront-ils à braver les consignes pour marquer les esprits ? Qui vivra verra.

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