En République démocratique du Congo (RDC), le débat politique s’enflamme. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 6 mai, le président de République Félix Tshisekedi a jeté un pavé dans la mare en liant l’organisation du prochain scrutin à la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Entre velléités de révision constitutionnelle et flou sur un troisième mandat, le chef de l’État pose les jalons d’une fin de mandat sous haute tension.
C’est une petite phrase qui risque de faire couler beaucoup d’encre dans les états-majors de l’opposition. Alors que le pays peine à endiguer l’agression du M23 soutenu par le Rwanda, Félix Tshisekedi a ouvertement conditionné le calendrier électoral à l’évolution du conflit.
« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections en 2028 », a déclaré le président.
Cette déclaration fait écho aux difficultés rencontrées lors du scrutin de décembre 2023, où plusieurs territoires sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23, notamment dans le Nord-Kivu, n’avaient pu voter.
Le spectre du troisième mandat
Interrogé sur ses intentions au-delà de 2028, Félix Tshisekedi a entretenu une ambiguïté que ses détracteurs qualifient déjà de « calculée ». S’il assure ne pas être demandeur d’un nouveau bail au Palais de la Nation, il s’en remet à la volonté populaire.
« Je n’ai pas sollicité un 3e mandat. « Mais si le peuple le veut, je le ferai. », a-t-il précisé.
S’agissant du débat autour du Changement de la Constitution, Félix Tshisekedi a donné une précision de taille :
« Je suis de l’UDPS. En 2006, l’UDPS avait dit que si elle arrivait au pouvoir, cette Constitution serait changée. »
Le débat est désormais lancé : s’agit-il d’un réalisme pragmatique face à une guerre d’usure, ou d’une stratégie de maintien au pouvoir par le biais d’un changement constitutionnel ? Une chose est sûre, la route vers 2028 s’annonce déjà semée d’embûches.







