Watsa : une association des jeunes artisanaux rejette l’interdiction d’exploitation minière dans les périmètres de Kibali Gold Mines

L’Association des jeunes artisanaux pour le développement et le progrès socio-économique du territoire de Watsa a vivement réagi au communiqué officiel du Gouvernement provincial du Haut-Uélé interdisant à toutes les coopératives minières ainsi qu’à tout autre opérateur économique d’exercer leurs activités dans les périmètres miniers de .

Au cours d’une conférence de presse tenue vendredi 3 juillet à l’espace Oasis de Watsa, le coordonnateur de cette structure, Michel Malande, a exprimé son opposition à cette décision qu’il considère comme défavorable aux intérêts des exploitants miniers artisanaux de la région. Il a indiqué que son organisation ne prenait pas acte de cette mesure et a appelé les creuseurs artisanaux ainsi que les autres acteurs concernés à poursuivre leurs activités dans l’attente d’un dialogue inclusif entre les autorités provinciales, les représentants des communautés locales et les opérateurs miniers.

Selon lui, la décision du Gouvernement provincial risque d’avoir de lourdes conséquences sur les conditions de vie de milliers de personnes dont la subsistance dépend directement ou indirectement de l’exploitation minière artisanale. Il a souligné que de nombreuses familles de Watsa tirent leurs revenus de cette activité, que ce soit à travers l’extraction, le transport, le commerce ou encore les services connexes développés autour des sites miniers.

« Cette décision ne tient pas suffisamment compte de la réalité sociale et économique des populations locales. Beaucoup de jeunes n’ont pas d’autres sources de revenus. Les priver brutalement de cette activité revient à les exposer davantage à la précarité », a déclaré Michel Malande  devant la presse locale.

Le coordonnateur estime également que l’application stricte de cette mesure pourrait entraîner une hausse significative du chômage dans le territoire de Watsa. Il craint que cette situation n’aggrave davantage les difficultés socio-économiques auxquelles font déjà face plusieurs ménages de la région, notamment dans un contexte marqué par le manque d’opportunités d’emploi pour les jeunes.

Par ailleurs, l’Association des jeunes artisanaux pour le développement et le progrès socio-économique du territoire de Watsa appelle les autorités provinciales à privilégier le dialogue et la concertation afin de parvenir à une solution équilibrée. L’organisation plaide pour la mise en place d’un cadre d’échanges réunissant le Gouvernement provincial, les représentants des exploitants artisanaux, les responsables de Kibali Gold Mines ainsi que les différentes parties prenantes concernées par la gestion du secteur minier.

Pour cette structure, seule une approche consensuelle permettra de préserver la paix sociale tout en garantissant le respect des droits et intérêts des communautés locales qui dépendent de l’activité minière pour leur survie quotidienne.

En attendant une éventuelle rencontre entre les différentes parties, l’association réaffirme sa volonté de défendre les intérêts des jeunes artisans miniers du territoire de Watsa et demande aux autorités de reconsidérer cette décision afin d’éviter une crise sociale susceptible d’affecter davantage les populations locales.

Michaël ALIGA