En République démocratique du Congo, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé ce dimanche 29 juin, via un télégramme, l’interdiction formelle de tout rassemblement public dans quatre provinces : Kinshasa, le Haut-Uele, le Bas-Uele et la Tshopo. Justifiée par des impératifs de santé publique liés à la prévention de la maladie à virus Ebola, cette mesure intervient à quelques jours de l’organisation de la marche de l’opposition prévue le 8 juillet prochain contre le changement de la Constitution.
« Pas d’attroupement des masses. Exécution sans faille », a ordonné le patron de la territoriale aux gouverneurs des provinces concernées. Selon le télégramme officiel, cette décision vise à « prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola » dans ces entités.
Les autorités provinciales sont invitées à mettre en observation tout cas suspect présentant des symptômes de la maladie à virus Ebola et à transmettre un rapport quotidien de la situation épidémiologique.
Cette mesure, applicable « jusqu’à nouvel ordre », est prise à quelques jours d’une marche nationale de l’opposition prévue le 8 juillet contre le projet de changement de la Constitution porté par la majorité au pouvoir. À Kinshasa, elle ne rencontre pas l’assentiment de certains observateurs, qui y voient un moyen de restreindre la contestation de cette initiative.
Empêché de quitter le pays, Delly Sesanga dans le viseur de la justice
Parallèlement à ces restrictions, le cas de Delly Sesanga illustre la tension du climat politique. L’opposant a été intercepté ce dimanche à l’aéroport international de N’Djili alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays pour un suivi médical d’urgence en Europe.
Selon ses proches, les agents de la Direction générale de migration (DGM) lui ont confisqué son passeport avant de lui demander de se présenter à la Cour de cassation.
Interrogé, Delly Sesanga affirme n’avoir « jamais été notifié de quoi que ce soit ». « On m’a retiré mon passeport et on m’a refusé l’embarquement », a déclaré le président du parti Envol, dénonçant une décision qu’il juge « arbitraire » et une atteinte grave à sa liberté de circulation.
Il rappelle devoir se rendre à l’étranger pour des soins liés à de graves blessures, séquelles directes de la répression dont il affirme avoir été victime lors de la manifestation du 12 juin dernier à Kinshasa.
Enock Mwaka







