Face à la résurgence du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, les États-Unis passent à la vitesse supérieure. Washington a annoncé la mobilisation d’une première enveloppe de 13 millions de dollars pour stopper la propagation de l’épidémie, tout en durcissant les conditions d’accès à son territoire.
C’est une réaction qui se veut chirurgicale et rapide. En l’espace de 48 heures, le Département d’État américain a activé son plan d’urgence. Cette première tranche d’aide étrangère de 13 millions de dollars est destinée à appuyer immédiatement les systèmes de santé congolais et ougandais, déjà éprouvés par les crises sanitaires successives.
Selon un communiqué du département d’État américain, ce financement renforce la réponse de chaque pays, en soutenant la surveillance, les capacités des laboratoires, la communication des risques, les inhumations sécurisées, le contrôle aux entrées et sorties du territoire et la prise en charge clinique des cas.
Le même document précise que cette aide d’urgence s’inscrit dans le cadre des protocoles d’accord bilatéraux déjà existants avec Kinshasa et Kampala, sous la bannière de la stratégie américaine de santé mondiale.
Une enveloppe humanitaire plus globale en vue
Au-delà de cette aide directe, les États-Unis s’appuient sur les fonds communs du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
Sur une enveloppe globale de 1,8 milliard de dollars récemment allouée par les États-Unis à OCHA, 250 millions de dollars seront spécifiquement fléchés vers la RDC et l’Ouganda, jugés prioritaires par la diplomatie américaine.
Pour garantir l’efficacité de la riposte et éviter les doublons sur le terrain, des discussions de haut niveau ont déjà eu lieu entre Washington, le Secrétariat général de l’ONU et les coordinateurs humanitaires locaux. Les États-Unis pilotent actuellement la coordination des bailleurs de fonds dans les capitales de la région, main dans la main avec l’Union européenne et le Royaume-Uni.
« Le leadership américain demeure indispensable pour faire face aux menaces sanitaires mondiales », réaffirme Washington.
Des restrictions d’entrée aux États-Unis
Pendant que l’aide humanitaire se déploie en Afrique de l’Est et en Afrique centrale, Washington active simultanément son bouclier domestique. Un décret présidentiel vient d’interdire l’entrée sur le sol américain à tout ressortissant étranger ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours — ce qui correspond à la période d’incubation maximale du virus Ebola.
Le Département d’État collabore désormais étroitement avec le Département de la Sécurité intérieure (DHS) et les Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) pour appliquer strictement ces mesures de quarantaine.
Enock Mwaka







