Le parti politique Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé) de l’opposant Martin Fayulu hausse le ton contre toute initiative visant à modifier la Constitution en République démocratique du Congo. Dans la province du Haut-Uele, cette formation politique dénonce également la création de la Coalition article 4 (C4) par le parti présidentiel, Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qu’elle considère comme une imitation de la coalition de l’opposition C64.
Pour Ézéchiel Agweti, secrétaire exécutif provincial de l’ECiDé au Haut-Uele, le régime en place est en manque d’inspiration politique et tente aujourd’hui de reprendre les stratégies de l’opposition qu’il critiquait auparavant.
« Nous, comme membres de l’ECiDé Haut-Uélé, disciples du président élu Martin Fayulu, nous constatons que l’UDPS fait aujourd’hui du copier-coller alors que cette dynamique avait déjà été créée par l’opposition, autrefois qualifiée d’opposition “ya nzala” ou “ya pete”. Mais aujourd’hui, cette opposition devient une référence », a-t-il déclaré.
Le cadre de l’ECiDé estime également que le pouvoir devrait plutôt consolider l’Union sacrée de la Nation au lieu de multiplier de nouvelles plateformes politiques. Abordant la question du changement de la Constitution, Ézéchiel Agweti affirme que les difficultés actuelles du pays ne sont pas liées au texte constitutionnel mais plutôt à la gouvernance des dirigeants.
« La Constitution n’a jamais bloqué Monsieur Tshisekedi à réaliser ses promesses. Elle n’a jamais empêché le pouvoir de trouver des solutions face à l’insécurité et aux conflits armés dans l’Est du pays », soutient-il.
L’ECiDé dit ainsi s’opposer fermement à toute révision constitutionnelle dans le contexte actuel marqué par l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.
« Nous disons non en majuscule. La Constitution est claire : on ne peut pas engager de tels débats pendant qu’une partie du territoire national est occupée par des agresseurs », insiste Ézéchiel Agweti.
Le responsable provincial estime que la priorité devrait être l’unité nationale afin de trouver des solutions durables aux problèmes sécuritaires qui secouent le pays. Il considère également qu’un éventuel projet de révision constitutionnelle ne pourra pas aboutir. Réagissant enfin à la question de l’article 64 de la Constitution, souvent évoqué par l’opposition, Ézéchiel Agweti affirme que ce texte donne au peuple le droit de s’opposer à toute tentative de confiscation du pouvoir.
« Les Congolais n’ont plus besoin de ce régime. Si ce pouvoir veut s’éterniser, nous utiliserons l’article 64 pour barrer la route à tout individu qui veut prendre le pouvoir par la force », a-t-il conclu.
Notons que dans un contexte politique marqué par les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, la question demeure au cœur des discussions alors que le pays fait face à d’importants défis sécuritaires, sociaux et économiques.
Michaël ALIGA







