Les autorités congolaises ont décrété la bataille contre le recours abusif à la main-d’œuvre étrangère. Le gouvernement menace de sanctionner sévèrement, conformément aux lois en vigueur, les entreprises qui favorisent les expatriés au détriment des travailleurs congolais. Le ministère de l’Empoi et Travail a lancé une opération de contrôle « renforcé et ciblé » sur l’ensemble du territoire national. Si un bref délai a été accordé à ces entités afin de régulariser leur situation administrative, les contrevenants risquent gros : de la suspension des activités à l’expulsion des travailleurs étrangers en situation irrégulière du territoire national.
Fini la récréation. L’heure n’est plus à la tolérance. Le gouvernement congolais a engagé une action « ferme et immédiate » en vue de mettre un terme aux pratiques illégales liées au recours abusif à la main-d’œuvre étrangère, selon un communiqué du ministère de l’Empoi et Travail.
Vendredi, les autorités congolaises ont dénoncé la « violation manifeste de la règlementation en vigueur » par les entreprises de toutes les catégories « en privilégiant une main-d’œuvre expatriée au détriment des travailleurs congolais. »
Le ministre de l’Empoi et de Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, a rappelé que toute embauche d’un travailleur expatrié sans autorisation préalable constitue une « infraction administrative grave » et l’occupation par des étrangers d’emplois réservés aux nationaux est « formellement interdite.»
Pour remettre de l’ordre, une brigade de contrôle va sillonner le pays, sans avertissement préalable. Dans un communiqué, le ministre prévient que
toute situation d’irrégularité fera l’objet de mesures immédiates, y compris l’expulsion administrative des travailleurs concernés en collaboration avec les services compétents ainsi que la suspension partielle ou totale des activités des entreprises fautives.
« Les dirigeants et responsables des entreprises impliquées pourront voir leur responsabilité engagée conformément aux textes en vigueur », a-t-il averti.
Le compte à rebours est lancé
Les employeurs sont désormais sous pression. Ils disposent d’un délai de 30 jours pour régulariser la situation administrative de leur personnel. Passé ce délai, le gouvernement promet une application « ferme et immédiate » de la loi. C’est une manière pour Kinshasa de réaffirmer sa souveraineté sur le marché de l’emploi, dans un contexte social où le chômage des jeunes reste une préoccupation majeure en RDC.
Enock Mwaka







