Colloque de l’ESURSI : La Ministre Marie-Thérèse Sombo face à l’urgence d’appliquer la science contre la pauvreté et l’insécurité

Alors que les rapports officiels vantent le succès du récent colloque sur la révision de la Constitution, des voix s’élèvent au sein de la société civile et de la population pour exiger que l’expertise scientifique soit d’abord orientée vers la résolution de la crise sociale étouffante qui frappe la République démocratique du Congo.​

La Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche Scientifique (ESURSI), la Professeure Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a clôturé les travaux de ce forum scientifique organisé simultanément à Kisangani, Kinshasa et Lubumbashi. Si l’objectif affiché était d’inviter les intellectuels à repenser le « pacte républicain » vingt ans après l’adoption de la Constitution de 2006, le contraste reste saisissant entre l’urgence des réformes institutionnelles et la détresse du quotidien des Congolais.​Sur le terrain, la priorité des citoyens est loin d’être juridique.

À Kisangani comme ailleurs, la population fait face à une précarité croissante, à l’insécurité persistante à l’Est, aux difficultés d’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux soins de santé de base. Pour de nombreux observateurs locaux, le véritable « service à la société » que l’Université devrait rendre aujourd’hui ne réside pas dans l’habillage scientifique d’un débat politique, mais dans la création de solutions concrètes contre la pauvreté et le chômage des jeunes.​

Pourtant, lors de son allocution, la Ministre a insisté sur le fait que la Constitution « n’est pas un texte figé » et doit s’adapter aux ambitions futures de la nation. Elle a appelé les juristes, politologues, mais aussi les économistes et spécialistes du numérique à produire des analyses rigoureuses pour accompagner le gouvernement mené par la Première Ministre Judith Suminwa, sous la vision du Chef de l’État Félix Tshisekedi.​Cet appel à une réflexion « apaisée et loin des passions politiques » peine cependant à convaincre une partie des étudiants et de la communauté locale.

Ces derniers redoutent que ces assises académiques ne servent de distraction face aux promesses non tenues en matière de gouvernance et de redressement économique.​Pour rappel, ce colloque national avait pour mission de dresser le bilan de la loi fondamentale de la RDC. Si la science s’est invitée dans le débat politique, l’opinion publique, elle, attend toujours que cette même science descende des amphithéâtres pour impacter positivement le panier de la ménagère.​

#Faustin LINYEKULA Mkokole