
La Mutualité Mari-Minza d’abord (MUMAD) hausse le ton. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « bradage » de la chefferie Mari-Minza, à la suite d’une récente mission des services du cadastre, de l’urbanisme et de l’habitat dans le groupement Bugutali, en territoire de Watsa. La mutualité s’interroge également sur le maintien prolongé du chef de chefferie à Isiro. Les responsables mis en cause rejettent ces accusations.La controverse porte notamment sur une récente mission effectuée au village Kungbe, dans le groupement Bugutali, en chefferie Mari-Minza.
Selon les éléments communiqués par la MUMAD, l’ordre de mission faisait état du « réaménagement des villages Ngangazo et Drikoma et aménagement du village Ngangazo ».
Mais, selon la mutualité, la délégation des services du cadastre, de l’urbanisme et de l’habitat s’est finalement retrouvée à Kungbe, un site identifié pour la réinstallation des personnes affectées par le projet minier de Giro Gold Fields.
Cette situation alimente les interrogations de la communauté Mari-Minza, qui demande notamment des explications sur la nature exacte des opérations menées sur ce site et sur les responsabilités des différents intervenants.
Pour Papy Mabangali, président de la MUMAD, les opérations dénoncées seraient orchestrées par Joseph Misa, chef de division du cadastre, et Jean-Vianney Dhelo, chef du service de l’urbanisme et de l’habitat du territoire de Watsa, avec, selon lui, l’appui de Dieudonné Magayi Misa, administrateur du territoire.
Le président de la mutualité estime que ces démarches interviennent dans un contexte particulier, marqué notamment par l’absence du chef de la chefferie Mari-Minza, actuellement à Isiro.
La MUMAD dénonce le maintien de ce dernier à Isiro depuis plusieurs jours et demande que la communauté soit informée des raisons de cette situation.
Contacté par Soso ya Mboka, Joseph Misa, chef de division du cadastre, rejette toute implication dans l’opération menée récemment à Kungbe.
Il affirme n’avoir été « ni de près ni de loin » associé à cette opération et précise que les travaux cadastraux qu’il reconnaît avoir connus dans cette zone concernent notamment le processus de réinstallation des personnes affectées par le projet de Giro Gold Fields.
L’administrateur territorial conteste l’authenticité de l’ordre de mission
De son côté, Dieudonné Magayi Misa, administrateur du territoire de Watsa, dément également les accusations portées contre lui.
Depuis Isiro, où il affirme se trouver depuis environ un mois, l’administrateur territorial dit ne pas comprendre comment son nom peut être associé à un dossier qu’il considère comme monté pour porter atteinte à son image.
Il conteste notamment l’authenticité de l’ordre de mission qui lui est attribué et affirme ne pas avoir été présent au chef-lieu du territoire au moment indiqué sur le document.
Dieudonné Magayi Misa annonce par ailleurs son intention de saisir la justice, afin que les responsabilités soient établies et que les auteurs de ce qu’il considère comme un faux document puissent être identifiés.
À ce stade, Soso ya Mboka poursuit ses démarches pour obtenir la réaction de Jean-Vianney Dhelo, chef du service de l’urbanisme et de l’habitat du territoire de Watsa, cité dans les accusations de la MUMAD.Nos efforts pour recueillir sa version des faits n’ont, jusqu’à présent, pas abouti.
Le dossier reste donc ouvert, alors que la communauté Mari-Minza continue de réclamer des éclaircissements sur les opérations foncières et cadastrales réalisées à Kungbe ainsi que sur la situation de son chef de chefferie.
Amisi Walum






