RDC-Italie : les dessous des cartes du nouvel accord signé avec Med-Or

À Rome, Kinshasa et l’Italie cherchent à donner une nouvelle profondeur à leur partenariat. Signé le 29 septembre entre le gouvernement congolais et la fondation italienne Med-Or, le mémorandum d’entente dépasse le simple cadre d’un accord institutionnel. Formation, technologies, sécurité, dialogue stratégique et coopération industrielle : plusieurs secteurs sensibles sont désormais placés au cœur de la relation entre les deux pays.

Derrière la signature, il y a d’abord une volonté affichée de sortir d’une période de relative inertie. Thérèse Kayikwamba Wagner l’a clairement souligné : l’accord ne doit pas devenir « un accord de plus signé pour être gardé dans les tiroirs ». La ministre congolaise veut désormais accélérer les échanges à travers des missions d’experts, des séminaires, des projets sectoriels et une implication accrue du secteur privé.

L’un des premiers leviers concerne l’enseignement supérieur, les bourses et la formation. Pour Kinshasa, l’enjeu est de renforcer les compétences dans des domaines appelés à devenir stratégiques, notamment les technologies avancées.

Cybersécurité, intelligence artificielle, spatial et télécommunications figurent ainsi parmi les secteurs identifiés. Med-Or présente d’ailleurs l’accord comme un cadre destiné à favoriser la formation, le renforcement des capacités et le dialogue stratégique avec la RDC.

La dimension économique apparaît en filigrane derrière cette nouvelle architecture de coopération. La RDC est aujourd’hui considérée par l’Italie comme un pays prioritaire du Plan Mattei et occupe une place centrale dans les chaînes de valeur liées aux matières premières critiques.

Le rapprochement intervient alors que Rome cherche également à accroître la présence de ses entreprises en RDC. Le 30 septembre, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, et Thérèse Kayikwamba Wagner ont convenu de mettre en place un groupe de travail bilatéral et de préparer un accord politique sur les matières premières critiques. Un forum entrepreneurial doit également être organisé dans les prochains mois.

L’accord avec Med-Or s’inscrit donc dans une stratégie italienne plus large en Afrique. La RDC a rejoint cette année le cercle des pays cibles du Plan Mattei, qui vise notamment à développer des partenariats dans les domaines de la formation, de l’énergie, de l’agriculture, des infrastructures et du développement économique.

Pour Kinshasa, l’enjeu sera de transformer cette nouvelle attention italienne en projets concrets, notamment dans l’industrialisation et le développement des capacités locales. Pour Rome, la RDC représente à la fois un marché de plus de 100 millions d’habitants, un pays disposant d’importantes ressources naturelles et un acteur majeur de l’Afrique centrale.

De la signature aux résultats

Le véritable enjeu commence donc après la cérémonie de Rome. Le mémorandum fixe un cadre ; il ne constitue pas, à lui seul, la réalisation des projets annoncés.

Les prochains mois devraient permettre de voir si les missions d’experts, les arrangements spécifiques, les formations et les initiatives du secteur privé annoncés par Kinshasa débouchent sur des programmes opérationnels.

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