C’est officiel. À partir du 15 novembre prochain, aucune baleinière en bois ne sera plus autorisée à naviguer sur les eaux de la RDC. Cette décision radicale fait suite au naufrage de la baleinière H/B Victoire survenu ce week-end à Ngombe-Lukolela, faisant au moins 26 morts et 82 disparus.
Dans une correspondance officielle adressée à ses collègues de l’Intérieur et de la Défense, le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, ordonne l’arrêt définitif du trafic des embarcations en bois.
« J’ai instruit le Secrétaire général aux Transports d’interdire la navigation des baleinières en bois sur le fleuve, ses affluents ainsi que sur les lacs à dater de ce 15 novembre », précise le membre du gouvernement.
Cette annonce intervient alors que le pays bascule une nouvelle fois dans le deuil. Le week-end dernier, au moins 26 personnes ont perdu la vie et 82 autres sont portées disparues dans le naufrage de la baleinière H/B Victoire sur le fleuve Congo, à la hauteur de Ngombe-Lukolela. L’embarcation, qui transportait plus de 160 passagers, a sombré après être entrée en collision avec une autre baleinière en pleine nuit.
Pour le gouvernement congolais, ce drame illustre le non-respect chronique des règles élémentaires de sécurité. Dix-neuf mois plus tôt, un arsenal de 11 mesures incluant l’interdiction de la navigation nocturne, le port obligatoire du gilet de sauvetage ou encore l’arrêt de la fabrication de ces unités en bois, avait pourtant été édicté.
« Force est malheureusement de constater la persistance de violations de ces mesures par certains usagers de nos voies navigables, notamment les exploitants de baleinières en bois, dont l’utilisation continue de favoriser la survenance d’incidents et d’accidents, avec pour conséquences des pertes en vies humaines et des dommages matériels considérables », déplore Jean-Pierre Bemba.
Pour faire respecter la nouvelle mesure, le ministre des Transports a formellement requis l’intervention de la Police nationale et de la Force navale pour intercepter et saisir toute embarcation hors-la-loi à partir du 15 novembre.
Afin d’assurer la continuité du transport des personnes et des marchandises, Jean-Pierre Bemba a instruit le Directeur Général de l’ONATRA de déployer sans délai les unités flottantes disponibles, notamment les péniches métalliques, pousseurs et barges, sur les principaux axes de son réseau d’exploitation, renseigne un communiqué du ministère des Transports.
L’ONATRA est également appelée à optimiser et à diversifier ses itinéraires afin de prioriser les axes à fort flux de passagers et de fret, indique la même source.







