ONU : la RDC propose une nouvelle doctrine pour une gouvernance équitable et durable des minéraux critiques

Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la République démocratique du Congo (RDC) a appelé à une refonte de la gouvernance mondiale des ressources naturelles. Dans un message lu par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, le président Félix Tshisekedi a défendu une nouvelle doctrine internationale fondée sur la souveraineté des États, la transparence des chaînes d’approvisionnement et des partenariats plus équitables avec les pays producteurs.

Faire des ressources naturelles un facteur de paix plutôt qu’une source de conflits. C’est le message porté par la RDC devant le Conseil de sécurité des Nations unies lors d’un débat public de haut niveau placé sous le thème : « la gouvernance des ressources naturelles : fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

Présidant les travaux, la RDC a porté sa vision par la voix de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. À travers son message lu par la patronne de la diplomatie congolaise, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a affirmé que la gouvernance des ressources naturelles constitue un enjeu majeur de paix et de sécurité internationales.

Le chef de l’Etat a souligné que la stabilité durable dans l’Est de la RDC passe notamment par la lutte contre l’exploitation illicite des minerais, le démantèlement des groupes armés, l’assèchement de leurs sources de financement et la rupture des circuits permettant aux minerais issus des zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales.

« Il ne peut y avoir de transition énergétique véritablement juste si elle repose sur l’injustice faite aux peuples producteurs », a-t-il estimé.

Le Président Tshisekedi a également a plaidé en faveur des chaînes d’approvisionnement garantissant à la fois la sécurité des États, des communautés locales et des marchés internationaux.

Une vision structurée et saluée par António Guterres

​Pour concrétiser cette vision, la RDC a soumis une feuille de route articulée autour de six principes cardinaux : le respect de la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles, la transparence des chaînes d’approvisionnement, le renforcement des mécanismes de traçabilité, la lutte contre l’impunité économique, la promotion de partenariats équitables ainsi que l’implication des communautés locales dans la gouvernance des ressources.

Cette démarche a reçu un écho favorable auprès du secrétaire général des Nations unies. António Guterres a solennellement appelé la communauté internationale à rompre avec le modèle historique d’exploitation des ressources africaines au détriment des populations locales, rappelant le rôle stratégique incontournable de la RDC, qui assure à elle seule plus de 70 % de la production mondiale de cobalt.

Ni « faveur » ni « charité » pour les pays producteurs

Le Chef de l’État a réaffirmé que les pays producteurs ne demandent « ni faveur ni charité», mais plutôt « l’équité, le respect et des partenariats qui créent de la valeur, favorisent l’industrialisation et améliorent durablement les conditions de vie des populations », a-t-il insisté.

Félix Tshisekedi a, en outre, réitéré l’ambition de la RDC de jouer pleinement son rôle dans la transition énergétique mondiale, la lutte contre le changement climatique et l’industrialisation du continent africain.

Enock Mwaka

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