
Monsieur Samuel Nyaku Aribho a défendu, mardi 15 septembre 2026, son mémoire de Diplôme d’études approfondies (DEA) à l’Université Cepromade de Kinshasa, autour d’une problématique majeure de la République démocratique du Congo : le management des conflits dans la province de l’Ituri, entre violences armées et accès aux ressources minières.
À travers cette recherche, le récipiendaire s’est penché sur la persistance des conflits armés en Ituri, une province confrontée depuis plusieurs décennies à des violences cycliques, malgré les différentes interventions engagées aux niveaux local, national et international. Selon son analyse, les périodes d’accalmie observées dans certaines zones ne permettent pas toujours d’aboutir à une paix durable, les violences pouvant resurgir après un certain temps.
Les investigations menées dans le cadre de cette étude ont notamment porté sur Bunia, Djugu, Irumu, Mambasa et Mahagi. La recherche, basée sur une méthodologie qualitative, a mobilisé 90 entretiens semi-directifs, six focus groups ainsi que des observations sur des sites miniers.
Les résultats présentés par Samuel Nyaku Aribho mettent en évidence une articulation encore fragmentée entre les interventions des autorités et les mécanismes communautaires de résolution des conflits. L’étude relève également que certains modèles de gestion appliqués au niveau supérieur de la hiérarchie administrative peinent à répondre aux réalités spécifiques du terrain.
Le chercheur estime ainsi que l’approche dite « top-down », caractérisée par des décisions prises au sommet puis appliquées au niveau local, montre ses limites dans le contexte particulier de l’Ituri.Pour répondre à ces limites, Samuel Nyaku Aribho propose de privilégier une approche fondée sur la gouvernance hybride, permettant d’associer davantage les autorités publiques, les communautés locales et les mécanismes traditionnels dans l’identification des problèmes et la recherche de solutions.
Selon cette approche, la population ne devrait pas être considérée uniquement comme bénéficiaire des décisions prises par les autorités, mais également comme actrice du processus de paix. L’identification des causes des conflits et la conception des mécanismes de résolution devraient, selon l’étude, intégrer les réalités vécues par les communautés concernées.La recherche identifie également plusieurs obstacles structurels à la consolidation de la paix, notamment l’impunité, la corruption, les facteurs historiques, économiques, politico-administratifs et transfrontaliers, ainsi que les enjeux liés à l’exploitation des ressources minières.
Dans ses conclusions, le chercheur propose une stratégie intégrée reposant notamment sur la décentralisation des financements, la reconnaissance du droit coutumier, la mise en place de zones minières négociées et la création de comités mixtes de paix associant les différents acteurs concernés.Pour Samuel Nyaku Aribho, la recherche de la paix en Ituri nécessite donc une meilleure articulation entre les politiques publiques et les mécanismes développés au sein des communautés.
« La paix durable en Ituri ne peut venir uniquement d’en haut ; elle doit résulter d’une hybridation négociée avec les communautés locales », résume l’étude.
Cette défense de mémoire constitue ainsi une contribution scientifique à la réflexion sur les mécanismes de prévention et de résolution des conflits en République démocratique du Congo. Le travail de Samuel NYAKU ARIBHO pourrait également servir de référence à d’autres chercheurs et aux décideurs désireux de mieux comprendre les dynamiques des conflits en Ituri et d’explorer des mécanismes de paix davantage adaptés aux réalités locales.
Michaël ALIGA





