Est de la RDC : Kinshasa réclame à nouveau des « sanctions plus robustes » contre Kigali et exige le retrait des troupes rwandaises

Invité du journal télévisé de TV5Monde, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a vivement interpellé la communauté internationale. Alors que les processus de paix se poursuivent, Kinshasa exige des mesures coercitives contre le président rwandais pour mettre fin à la crise humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

« Notre objectif principal dans les processus de Washington et de Doha est de libérer nos populations de la gouvernance par crimes et répondre aux urgences humanitaires qu’elles connaissent », a-t-il déclaré lors d’une intervention sur TV5MONDE.

Pour le gouvernement congolais, l’atteinte de ces objectifs passe désormais par un engagement beaucoup plus ferme des instances internationales.

Patrick Muyaya a directement ciblé la responsabilité des institutions internationales, en particulier l’Organisation des Nations Unies (ONU). Selon le porte-parole du gouvernement, la crédibilité et le prestige de ces organisations dépendent de leur capacité à agir avec fermeté.

« Il faut prendre des sanctions plus robustes qui contraignent le Président Kagame, ses troupes et ses fils de quitter la RDC », a déclaré le ministre de la Communication et des Médias.

Kinshasa estime que le retrait effectif des forces rwandaises du territoire congolais constitue le préalable indispensable à toute stabilisation durable de la région du Kivu.

Sur le plan de la politique intérieure, le ministre s’est voulu rassurant quant à la tenue du dialogue national, réfutant toute idée de boycott par l’opposition.

Afin de baliser le terrain pour ce rendez-vous politique annoncé « de la base au sommet », des contacts préalables ont déjà été initiés par la présidence, a rappellé le ministre Muyaya évoquant notamment le sens de la rencontre entre Anthony Nkinzo, Directeur de Cabinet du chef de l’État Félix Tshisekedi, et Monseigneur Muteba, président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).

Pour le gouvernement, l’opposition n’a aucune raison de descendre dans la rue, le processus de concertation étant en cours de structuration.

Sur l’épidémie d’Ebola, le porte-parole du gouvernement assure que la riposte repose sur deux principes : « la transparence et le lead de la riposte par le Gouvernement ».

Il dit également rester optimiste au regard des progrès enregistrés sur le terrain, particulièrement dans la province de l’Ituri, tout en appelant à la vigilance dans le Nord-Kivu et dans les zones où subsistent des foyers de contamination.

Patrick Muyaya a par ailleurs salué la solidarité internationale, notamment les 2,9 milliards de dollars mobilisés à New York. Il a demandé toutefois aux partenaires une gestion transparente et redevable de ces ressources, qui, selon lui, ne sont pas directement versées au Trésor public.

Enock Mwaka

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