Watsa : neuf villages affectés par le projet Ikanva-Kalinva-Pamao lancent un cris d’alarme contre Kibali Gold Mine

Les représentants de la communauté locale des neuf villages impactés par la délocalisation du projet minier de Kibali Gold Mine (KGM) sortent du silence. Dans un mémorandum de rappel, ils dénoncent le non-respect des engagements pris par la société minière depuis janvier 2024, alors que l’exploitation a déjà débuté.

‎La tension monte dans la chefferie Bari-Logo, territoire de Watsa. Les habitants des villages Matiko, Gola, Kalinva, Oere, Libala, Bolingo, Monya, Avokala, Gimbia et Gumu se disent victimes d’une délocalisation qui les a plongés dans la précarité. Malgré une réunion de haut niveau tenue le 20 janvier 2024 avec la direction générale et régionale de KGM, les engagements consignés dans leur cahier de charges intitulé « CRIS D’ALARME » sont restés lettre morte.

‎La communauté fustige un contraste saisissant alors que le projet Ikanva-Kalinva-Pamao a démarré avec pompe et génère aujourd’hui des bénéfices, les populations locales affirment croupir dans la misère. Les promesses d’embauche et de développement social, censées compenser l’impact de l’activité minière, n’ont toujours pas été concrétisées, selon les représentants locaux.
‎Les six exigences majeures de la communauté

‎Face à ce qu’ils qualifient de silence de la part de KGM, les délégués communautaires exigent des actions immédiates; l’embauche effective de 20 jeunes par village (soit 180 emplois) comme convenu, dénonçant le recrutement actuel de seulement 11 journaliers pour des contrats précaires de trois mois.

‎Sous-traitance, l’octroi de numéros de fournisseurs (Vendor Numbers) et de contrats aux entreprises locales Ikanva Business Services (IBS) et Pamao Service Company (PSC). Telles sont ses mesures :

‎- Environnement : Des mesures urgentes pour réduire la pollution de l’eau, de l’air et du sol, ainsi qu’un plan de réhabilitation des sites après exploitation.
‎- Infrastructures : La construction d’écoles et d’hôpitaux modernes dotés d’équipements adéquats et de personnel qualifié.
‎- Éducation : La prise en charge de la scolarité et la création d’un programme de bourses d’études pour les élèves méritants.
‎- Développement durable : La mise en place d’un fonds de développement local et d’un mécanisme de consultation permanente des populations pour toutes les décisions relatives à l’exploitation.


‎Les signataires du document rappellent que leur démarche s’inscrit dans une volonté de dialogue, après plusieurs tentatives infructueuses d’approcher les autorités de Kibali Gold Mine. Ils espèrent désormais que ce rappel incitera la direction de la firme minière à honorer ses engagements pour restaurer un climat de paix sociale et de développement mutuel dans le Haut-Uélé.

‎Faustin LINYEKULA MKOKOLE

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