Le gouvernement provincial du Sud-Kivu dénonce de graves violations du droit international humanitaire attribuées à la coalition armée AFC/M23 dans la ville et le territoire d’Uvira. Dans un communiqué officiel publié ce vendredi 16 janvier, les autorités tirent la sonnette d’alarme sur les actes de pillage «systématique», de spoliations de biens publics et privés ainsi que d’atteintes graves aux moyens de subsistance des populations civiles.
Selon ce document, ces exactions ont été commises alors même que l’AFC/M23 affirmait, dans une correspondance adressée au secrétaire général des Nations unies le 15 janvier, respecter les principes du droit international humanitaire.
Le gouvernement du Sud-Kivu parle d’un « manque total de bonne foi » et affirme que, le jour même de la signature de cette correspondance, des opérations de pillage coordonnées étaient en cours à Uvira et dans ses environs.
Les autorités provinciales indiquent notamment que plus de 160 camions auraient quitté Bukavu sous couvert d’un transport de militaires, avant d’être utilisés pour acheminer illicitement vers le Rwanda des biens appartenant à l’État congolais et à des particuliers. Des matériaux de construction destinés à la réhabilitation des infrastructures routières d’Uvira ont également été chargés de force dans des camions appartenant aux rebelles.
Toujours selon le communiqué, du goudron, des tricycles servant au transport public, ainsi que du bétail, ont été emportés, privant les populations locales de ressources essentielles.
Le gouvernement du Sud-Kivu estime que ces actes constituent des violations graves, notamment de la quatrième Convention de Genève et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui qualifie le pillage de crime de guerre. Il affirme que ces pratiques aggravent une crise alimentaire déjà sévère, augmentent le coût de la vie dans une zone coupée de ses circuits d’approvisionnement et fragilisent une population vivant majoritairement de l’agriculture et de l’élevage.
Dans ce contexte, les autorités provinciales parlent d’une « économie de prédation organisée » et d’une stratégie délibérée visant à asphyxier économiquement les populations civiles, ce qui pourrait, selon elles, relever de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité.
Le gouvernement provincial condamne fermement ces actes et appelle la communauté internationale, les Nations unies, l’Union africaine, la Cour pénale internationale ainsi que les organisations de défense des droits humains à documenter les faits et à engager des poursuites contre les auteurs et leurs complices.
Il réaffirme par ailleurs l’engagement du président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, à protéger les civils et à défendre l’intégrité territoriale de la RDC.







