Sécurité, justice et aide humanitaire/Uvira : Kinshasa annonce une riposte de taille !

Au lendemain du départ des rebelles de l’AFC-M23 de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, le gouvernement congolais est passé à l’offensif. La Première ministre, Judith Suminwa, a présidé, ce lundi 19 janvier à Kinshasa, une réunion de haut niveau à l’issue de laquelle plusieurs résolutions ont été adoptées, notamment la prise en charge humanitaire de plus de 267 000 réfugiés dans les pays voisins de la RDC, la préparation du retour des populations déplacées, la restauration progressive de l’autorité de l’État ainsi que la sécurisation de ladite ville.

C’est une ville meurtrie que les rebelles de l’AFC-M23 ont laissée derrière eux. Alors que ce groupe armé prétend avoir remis les clés d’Uvira à la communauté internationale, le constat sur le terrain est celui d’un dépouillement en règle.

Selon le gouvernement provincial du Sud-Kivu, le retrait s’est accompagné d’un pillage « systématique.» Dans un communiqué publié récemment, l’exécutif provincial a  révélé que  162 camions ont transporté vers le Rwanda des biens appartenant à l’État congolais et à des particuliers. Des matériaux de construction destinés à la réhabilitation des infrastructures routières d’Uvira ont été volés.

Il a souligné que 32 camions chargés de goudron ont été emportés au Rwanda. Des tricycles servant au transport public et du petit bétail ont été dérobés. Des bien et matériels stockés dans des entrepôts ont été évacués par la frontière Kamanyola.

Une réponse sécuritaire et judiciaire

Face à cette situation, la réponse de Kinshasa ne s’est pas fait attendre. La Première ministre Judith Suminwa a convoqué une réunion d’urgence de haut niveau afin de coordonner la réponse humanitaire, sécuritaire et judiciaire du gouvernement, après les atrocités perpétrées par l’armée rwandaise et l’AFC-M23.

À l’issue de cette réunion, l’exécutif central a décidé de mettre en place, sous l’autorité de la Cheffe du gouvernement, une coordination interministérielle immédiate. Cette structure aura pour mission de prioriser la restauration progressive de l’autorité de l’État, de sécuriser la ville, de lutter contre l’impunité et de renforcer la cohésion nationale.

« Cette réunion marque le lancement d’un dispositif gouvernemental continu centré sur la protection des civils et le respect de la souveraineté nationale », a précisé la Primature.

Le défi du retour des réfugiés

Le volet humanitaire reste le chantier le plus colossal. Le gouvernement évalue à plus de 267 000 le nombre de Congolais ayant trouvé refuge dans les pays voisins lors des récents affrontements.

Si Kinshasa prépare activement leur retour, la Première ministre s’est montrée prudente. Selon elle, aucun rapatriement massif ne se fera sans une « évaluation préalable des conditions de sécurité et sociales. »

Face à la presse, le porte-parole du gouvernement a, de son côté, souligné que le retour du gouverneur et des autorités provinciales n’interviendra que lorsque les conditions sécuritaires seront réunies.

« Il ne suffit pas de dire qu’ils [les rebelles de l’AFC/M23] se retirent. Il faut s’assurer que les services de l’État sont pleinement réinstallés », dit Patrick Muyaya.

Il a précisé que cette réinstallation ne peut intervenir qu’après l’établissement d’un périmètre de sécurité solide par les FARDC et la sécurisation de la ville par la PNC, y compris dans les zones périphériques d’Uvira.

Étiquetté :