Neuf ans jour pour jour après sa disparition, la République démocratique du Congo se souvient d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Décédé le 1er février 2017 à Bruxelles, des suites d’une maladie, celui que les Congolais surnommaient le « Sphinx de Limete » demeure, pour ses partisans, l’incarnation de la résistance pacifique. Dans un message publié samedi 1er février sur son compte X, le gouvernorat de Kinshasa a rendu un vibrant hommage à celui qu’il qualifie de « Père de la démocratie ». Il a salué son combat, résumé par le slogan « Le peuple d’abord », estimant qu’il « continue d’inspirer les générations engagées dans la quête d’un Congo juste, uni et démocratique. »
C’était le 1er février 2017. Le « Sphinx » s’éteignait à Bruxelles, en Belgique, laissant derrière lui un vide immense et une opposition orpheline en pleine crise politique sous l’ère Kabila. Neuf ans plus tard, l’émotion reste vive à Kinshasa, particulièrement à Limete, où se trouve la résidence d’Etienne Tshisekedi, d’heureuse mémoire.
Né en 1932 à Luluabourg (aujourd’hui Kananga), il a traversé l’histoire de la RDC commun l’un des leaders de l’opposition congolaise.
Un opposant historique au destin inachevé
Premier ministre à plusieurs reprises sous le regime de Mobutu, Il fait partie des premiers Congolais universitaires à accéder aux hautes responsabilités de l’État après l’indépendance.
Opposant emblématique au régime de Mobutu, il rompt très tôt avec le pouvoir pour défendre le pluralisme politique.
Fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) en 1982, il incarnait la lutte pour la démocratie.
Surnommé le « Sphinx de Limete », il s’est distingué par sa constance et son refus des compromis jugés opportunistes. Le slogan « Le peuple d’abord » était sa marque de fabrique. On se souvient de l’élection présidentielle de 2011 où, officiellement classé deuxième derrière Joseph Kabila, il rejette les résultats et prête serment dans sa résidence, s’autoproclamant « président élu ».
Désigné en 2016 comme le candidat naturel du Rassemblement de l’opposition, la maladie puis son décès ne lui laisseront pas le temps de livrer sa bataille électorale à l’élection présidentielle suivante.
Un héritage à double tranchant
Son combat politique trouve une continuité avec l’accession de son fils, Félix Tshisekedi, à la magistrature suprême.
Élu en 2018 puis réélu en 2023, l’actuel chef de l’État incarne les idéaux de son père. Entre avancées sociales — comme la gratuité de l’enseignement primaire — et défis persistants sur le plan sécuritaire et économique, son bilan, huit ans après, est à moitié plein pour les uns, et à moitié vide pour les autres







