RDC : Mutamba débouté à la Cour constitutionnelle, la NOGEC dénonce une « cabale politique » contre son leader

Le rejet vendredi 19 décembre par la Cour constitutionnelle des requêtes introduites par Constant Mutamba n’a pas rencontré l’assentiment des partisants de l’ancien ministre de la Justice. Son parti, la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de «cabale politique » visant à écarter son Autorité morale de la scène politique.

Dans une déclaration publiée ce samedi, le parti dit avoir suivi « avec une vive préoccupation » le prononcé de la Cour constitutionnelle, intervenu après l’examen des requêtes en inconstitutionnalité introduites au mois de juillet par son autorité morale. Ces recours faisaient suite à la procédure de levée des immunités parlementaires de Constant Mutamba.

Si la Haute juridiction du pays a jugé ces requêtes recevables, elle les a toutefois déclarées non fondées. Une décision que le parti rejette catégoriquement.

Il reproche notamment à la Cour constitutionnelle de ne pas avoir sanctionné une irrégularité qu’il juge majeure. Le parti rappelle que la levée des immunités parlementaires  de Constant Mutamba a été votée à main levée, en violation, a-t-il estimé, de l’article 121 de la Constitution qui impose le bulletin secret pour tout vote portant sur une personne.

« Le peuple congolais constate avec inquiétude que cette irrégularité majeure n’a pas été sanctionnée par la Cour constitutionnelle », déplore le parti, qui estime que la mission première de la Cour — la protection des droits fondamentaux — n’a pas été pleinement assumée dans ce dossier.

Pour la NOGEC, la décision de la Cour constitutionnelle va bien au-delà du cas Mutamba. Elle risquerait, selon le parti, d’alimenter la crispation politique, d’approfondir les divisions nationales et d’affaiblir la cohésion sociale, à un moment critique où la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires majeurs et à une guerre persistante à l’Est du pays.

« Une telle attitude ne sert ni le Chef de l’État, ni les institutions de la République, encore moins la Nation congolaise », affirme la formation politique.

Une « cabale politique » dénoncée

La NOGEC parle sans détour d’un « recours abusif aux institutions de la République pour régler des comptes » et dénonce « une cabale politique visant à écarter, à tout prix, son Commandant en Chef des enjeux politiques présents et futurs du pays.»

Dans la foulée, le parti appelle le peuple congolais à rester « debout, vigilant et mobilisé », tout en prônant un soutien pacifique à la lutte menée par Constant Mutamba « pour un Congo juste ».

Mutamba, entre condamnation et contre-offensive intellectuelle

Âgé de 37 ans, Mutamba a été condamné en septembre dernier à trois ans de travaux forcés par la Cour de cassation pour détournement de fonds publics destinés à la construction d’une prison à Kisangani, dans le nord-est du pays. L’ancien ministre de la Justice a toujours nié les faits, rejetant toute intention malveillante et contestant la décision de la Justice.

Depuis sa cellule, Mutamba a choisi de contre-attaquer sur le terrain intellectuel. Il annonce la publication prochaine d’un ouvrage intitulé « Le procès de ma vie, ce qui n’a pas été révélé… », dont la sortie officielle est prévue pour le 30 décembre prochain.

Enock Mwaka

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