Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la guerre continue de ronger villages et routes. Alors que le retrait de la mission de l’ONU pour la stabilisation (MONUSCO) semblait inéluctable, le Conseil de sécurité a pris une décision qui suspend le processus : la mission restera au moins un an de plus.
Depuis février 2024, la MONUSCO devait progressivement quitter la RDC, ouvrant la voie à une autonomie renforcée de l’État congolais.
Mais le chaos sur le terrain a changé la donne : combats qui reprennent, accès humanitaire bloqué, populations forcées de fuir… La situation ne permet aucun désengagement significatif.
Vendredi, les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont prorogé à l’unanimité le mandat de la mission de maintien de la paix de l’ONU dans le pays pour une durée d’un an.
Selon une dépêche de l’ONU, la prorogation du mandat acte de fait une pause dans le désengagement annoncé. Le Conseil rappelle que le retrait progressif de la MONUSCO reste conditionné à « un renforcement amélioré et simultané des capacités et de l’autorité de l’État », condition loin d’être remplie dans l’est du pays. La reprise des combats, l’effondrement de l’accès humanitaire et la multiplication des déplacements forcés ont rendu politiquement et sécuritairement impossible toute réduction significative de la présence onusienne.
La résolution souligne d’ailleurs que la zone d’opérations de la mission demeure limitée au Nord-Kivu et à l’Ituri, tout en autorisant des activités de surveillance liées au cessez-le-feu au Sud-Kivu. Une géographie du mandat qui épouse celle de la crise, au fil de fronts mouvants et de lignes de fracture communautaires.
Sur le terrain, la MONUSCO est sommée de tenir une ligne étroite : protéger les civils sans se substituer à un État souverain, soutenir les forces congolaises tout en conditionnant son appui au respect du droit international humanitaire. Le texte rappelle que toute assistance aux opérations conjointes devra être strictement conforme à la « politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme » des Nations Unies, faute de quoi elle sera suspendue.
Sosoyamboka.Net et ONU







