À la veille du Nouvel An, l’opposant Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé), a dressé un tableau sombre de la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. Dans un message adressé à la nation ce mercredi 31 décembre, il a affirmé que le « compromis politique entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi a échoué » et a appelé la jeunesse à se mobiliser pour exiger la convocation du dialogue national inclusif, qu’il considère comme une « nécessité vitale » pour tirer le pays du gouffre.
Selon Fayulu, l’État congolais est fragilisé par des choix politiques « irresponsables » et par un compromis issu des élections de 2018, qui n’aurait pas permis de garantir la paix et la stabilité.
« Le compromis politique entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi n’a produit ni paix, ni stabilité, ni cohésion nationale », a-t-il dénoncé.
« La prétendue passation civilisée du pouvoir a affaibli l’État, fragilisé nos institutions, et ouvert la voie aux ennemis de la République », a affirmé le leader de l’ECIDé.
Martin Fayulu a critiqué les accords récemment signés à Washington, qu’il juge « opaques » et conclus « sans transparence et sans consentement populaire. »
« Le peuple ne sait pas. Le peuple n’a pas décidé. Le Congo n’est pas une propriété privée. Le peuple congolais a le droit de savoir. Il a le droit de décider », a-t-il souligné.
Rendant hommage aux forces armées tombées au front et aux populations civiles victimes de l’insécurité dans l’Est du pays et dans les zones touchées par le phénomène Mobondo, l’opposant a affirmé que la RDC traverse « l’une des crises les plus graves de son histoire. »
« Plus de huit millions de Congolais sont déplacés sur leur propre sol. Des millions vivent comme réfugiés. Plus des trois quarts de notre population peinent à se nourrir chaque jour. Et notre Nation continue de pleurer des millions de vies fauchées par des guerres imposées, notamment par l’agression rwandaise et ougandaise », a-t-il déploré.
Pour sortir de la crise, Martin Fayulu estime indispensable l’organisation du dialogue national inclusif, qu’il présente comme un passage obligé vers la paix, la stabilité et la cohésion nationale.
« Le Dialogue national inclusif est une nécessité vitale. Refuser ce dialogue, c’est refuser la paix. Refuser ce dialogue, c’est prolonger la crise. Refuser ce dialogue, c’est engager une lourde responsabilité politique », a-t-il indiqué.
L’opposant a lancé un appel ferme à la communauté internationale. Il a exigé l’application « stricte » de la Résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies et une condamnation « claire du Rwanda » pour les crimes commis sur le sol congolais.
S’adressant enfin à la jeunesse, il l’invite à rejeter le tribalisme, la corruption et à jouer pleinement son rôle dans la construction de l’avenir du pays, tout en exigeant la tenue du dialogue national inclusif.
« Vous êtes la force. Vous êtes le présent et l’avenir. Refusez le tribalisme. Refusez la corruption. Refusez le fanatisme aveugle. Refusez l’affaiblissement de l’État. Exigez un leadership responsable. Exigez la convocation immédiate du Dialogue national inclusif », a exhorté Martin.
Rappelant sa participation, en 1992, aux marches pour la réouverture de la Conférence nationale souveraine, Fayulu a invité les jeunes à « ne laisser personne confisquer leurs rêves. »
Il a conclu son message en appelant à la cohésion nationale et formule le vœu que l’année 2026 soit celle du réveil de la conscience nationale, de la vérité et de la dignité retrouvée.
« L’heure n’est plus à l’attentisme. L’heure est à la vigilance. L’heure est à l’engagement citoyen. L’heure est à la cohésion nationale. Soyons tous dans le camp de la patrie », a-t-il indiqué.
Enock Mwaka







