C’est officiel. Le président angolais, João Lourenço, a donné à son homologue burundais, Evariste Ndayishimiye, le baton de commandement de la présidence tournante de l’Union africaine (UA). La cérémonie s’est déroulée ce samedi 14 février à Addis-Abeba, en Éthiopie, en marge du 39e Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de cette organisation panafricaine.
L’instant a quelques choses d’historique. Devant de dizaines de chefs d’État et de délégations ministérielles, João Lourenço a cédé à Evariste Ndayishimiye son fauteuil de président en exercice de l’Union africaine après une année marquée par une diplomatie régionale active.
Dans son discours d’adieu, le président angolais n’a pas manqué de rappeler les chantiers herculéens qui attendent le continent. Lourenço a insisté sur la nécessité de transformer le « capital humain » africain et de briser les chaînes de l’exportation brute des matières premières.
Pour lui, l’avenir de l’Afrique passe impérativement par l’industrialisation locale : transformer les matières premières sur le sol africain pour enfin capter la valeur ajoutée qui échappe encore trop souvent au continent.
Des solutions africaines aux problèmes africains
Passant le flambeau à Evariste Ndayishimiye, João Lourenço a encouragé son successeur à s’investir dans la recherche des solutions africaines pour « rompre définitivement au cycle de sous-développement.»
« Je sais que chaque nation africaine compte sur vous avec un espoir renouvelé de vous voir poursuivre dynamiquement les programmes que nous avons décrits, mais je suis convaincu que chacun de nos pays ne négociera pas d’efforts pour vous soutenir et apporter des contributions essentielles au succès de votre mission », a déclaré le président Lourenço.
Le baptême du feu : le dossier sécuritaire en RDC
Si le passage de témoin s’est fait sous les applaudissements, la mission qui attend le nouveau président de l’UA est loin d’être un long fleuve tranquille. Evariste Ndayishimiye prend ses fonctions dans un climat de tension extrême dans la région des Grands Lacs.
Le dossier prioritaire sur sa table reste sans surprise la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Alors que les combats se poursuivent, le nouveau président en exercice devra user de toute son influence pour relancer les processus de paix et stabiliser une région martyrisée par des décennies de conflits.
Le Burundi, déjà impliqué militairement dans certains mécanismes régionaux, se retrouve désormais au cœur du jeu diplomatique continental pour les douze prochains mois.
Enock Mwaka







