PAM : la pénurie des ressources financières menace l’assistance aux personnes déplacées par les violences dans l’Est de la RDC

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a renforcé son assistance pour soutenir plus de 210 000 personnes déplacées par les violences dans l’Est de la RDC, mais une pénurie de financement met en péril cette aide vitale. Depuis début décembre, environ 500 000 personnes ont été contraintes de fuir le Sud-Kivu, où les services de base s’effondrent : écoles fermées, hôpitaux pillés, accès limité à l’eau potable et aux soins suite à l’occupation par les rebelles de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira. Le PAM appelle à 67 millions de dollars pour poursuivre ses opérations.

Après avoir distribué des stocks alimentaires dans certaines zones touchées, le PAM prévient qu’il serait contraint de suspendre ses opérations sans financements immédiats. Selon l’agence, 3,9 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire critique d’ici début 2026 dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika.

« Cette crise alimentaire risque de s’aggraver si des mesures urgentes ne sont pas prises », avertit dans un communiqué Cynthia Jones, directrice pays par intérim du PAM en RDC.

L’offensive lancée début décembre par les rebelles de l’AFC/M23 à Uvira, dans le Sud-Kivu, a fait plusieurs morts et provoqué d’importants dégâts matériels. Les services de base ont été paralysés : hôpitaux pillés, médicaments rares et écoles fermées, affectant plus de 391 000 enfants. Près de 500 000 personnes ont fui le Sud-Kivu, selon l’ONU.

Le PAM a soutenu 71 000 nouveaux arrivants au Burundi et 1 000 au Rwanda. Il a distribué des kits alimentaires – céréales, légumineuses, huile végétale et aliments spécialisés – pour prévenir la malnutrition, en particulier chez les jeunes enfants et les femmes enceintes ou allaitantes.

« Les familles qui offrent refuge aux déplacés vivent déjà dans l’insécurité alimentaire extrême et partagent leurs dernières réserves, ce qui les plonge toutes dans le désespoir », souligne Cynthia Jones.

En dépit des 67 millions de dollars nécessaires pour le Sud-Kivu et les zones environnantes, l’agence indique avoir besoin de 350 millions de dollars pour maintenir ses opérations en RDC. S’ajoutent des appels de fonds de 39 millions pour le Burundi et de 17 millions pour le Rwanda.

« Sans aide d’urgence et sans financement supplémentaire, nous ne pouvons pas répondre à une crise qui est au bord d’une catastrophe alimentaire », prévient Cynthia Jones.

Enock Mwaka

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