En République démocratique du Congo, l’offensive diplomatique menée par Kinshasa semble porter ses fruits sur la scène internationale. Longtemps restée dans l’expectative, l’Administration Trump opère un virage à 180 degrés concernant le rôle du Rwanda dans l’instabilité qui ravage l’Est du Congo. Désormais, Washington exige sans détour le retrait des troupes rwandaises et leur matériel militaire du sol congolais.
Le partenariat entre Washington et Kigali traverse une zone de fortes turbulences. Le Trésor américain a récemment frappé l’armée rwandaise et quatre de ses hauts gradés de sanctions directes. Il leur est reproché un soutien actif au mouvement insurrectionnel de l’AFC/M23, qui opère dans la province du Nord-Kivu. Le Rwanda est accusé d’organiser l’extraction illégale de minerais en zone de conflit.
Ce vendredi, les États-Unis ont annoncé l’imposition de restrictions de visas à l’encontre de plusieurs hauts responsables rwandais pour avoir alimenté l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). En continuant de soutenir le M23 et en violant les accords de Washington, « ces individus attisent la violence et compromettent la stabilité de toute la région des Grands Lacs », précise le département d’Etat américain.
L’administration américaine assortit ces mesures d’une exigence claire : le retrait immédiat et sans condition des forces rwandaises de la RDC. En adoptant une approche plus ferme à l’égard de Kigali, Washington tenait à mettre au pas une communauté internationale souvent réduite à l’expectative face à la violation par le Rwanda de l’intégrité territoriale de la RDC et de la Charte des Nations Unies, ainsi que des Accords de paix.
Ce nouvel isolement diplomatique pourrait redéfinir les équilibres de la région des Grands Lacs, alors que le rêve d’influence régionale du dirigeant rwandais se heurte désormais à la réalité des sanctions économiques et politiques de son principal allié historique.
« Les États-Unis attendent de toutes les parties aux Accords de Washington qu’elles respectent pleinement leurs engagements, notamment la neutralisation immédiate par la RDC du groupe armé FDLR et de ses groupes associés, ainsi que le retrait par le Rwanda de ses troupes et de son matériel militaire de la RDC. Ce n’est qu’à cette condition que l’immense potentiel économique de la région des Grands Lacs pourra se concrétiser », selon un communiqué du département d’Etat américain.
Enock Mwaka







