Opérations géophysiques via hélicoptère/Watsa : la société Civile s’insurge contre une décision « dictatoriale » de l’administrateur du territoire

La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), antenne d’Avokala, s’insurge contre la décision de l’administrateur du territoire de Watsa autorisant des prospections géophysiques aériennes. Elle dénonce un manque de transparence et alerte sur d’éventuels risques pour la santé des populations.

Dans un communiqué officiel publié le mardi 17 mars 2026, l’administrateur du territoire, Dieudonné Magay Missa, a donné son feu vert à l’entreprise Kibali Goldmine pour mener des levés héliportés de mesures magnétiques et radiométriques à haute résolution. Ces opérations visent à cartographier le sous-sol dans la chefferie Bari-Logo, le secteur Magbutu ainsi que la chefferie Mari-Minza.

Cette décision est toutefois vivement contestée par certains acteurs sociaux. Le coordonnateur de la NSCC/Avokala, Hugue Amuta Moria, déplore l’absence de consultation préalable des leaders politiques, administratifs et coutumiers. « Le communiqué officiel n°345 a été publié sans le consentement des différentes couches locales », fustige-t-il, dénonçant une démarche contraire aux principes démocratiques.

La structure citoyenne qualifie cette autorisation d’« importune », estimant qu’elle privilégie des intérêts privés au détriment de la sécurité publique. Elle s’inquiète notamment de l’absence d’études d’impact sur les effets potentiels de ces équipements spécialisés sur les populations survolées.

« Nous exigeons une analyse sérieuse des effets négatifs de ces appareils sur la vie humaine », insiste le coordonnateur, rappelant que dans d’autres contextes, des mesures de précaution sont prises pour protéger les habitants lors de telles opérations.

Au-delà de la question technique, la NSCC évoque une gestion qu’elle juge « dictatoriale » de l’administration territoriale. Elle relie également cette affaire à un malaise plus profond autour de la gestion des ressources minières locales.

Selon elle, plusieurs engagements en faveur des communautés, notamment la quotité de 15 % de la redevance minière, la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires de l’entreprise ainsi que le fonds social de Kibali Goldmine, seraient à ce jour bloqués par les autorités locales.

Face à cette situation, la NSCC appelle les autorités provinciales et nationales, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à intervenir en urgence avant le début des survols.

Faustin LINYEKULA MKOKOLE

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