OIF : la RDC mobilise le Togo pour soutenir la candidature de Juliana Lumumba à la tête du Secrétariat général de la Francophonie

À quelques mois du sommet de la Francophonie au Cambodge, la République démocratique du Congo (RDC) intensifie sa diplomatie. Une délégation de haut niveau mandatée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a fait escale à Lomé pour solliciter le soutien du président togolais, Faure Gnassingbé, à la candidature de Juliana Lumumba au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Kinshasa a présenté sa vision axée sur le « rayonnement d’une francophonie plus inclusive et plus proche des peuples.»

Mardi, le ministre délégué en charge des Affaires étrangères, de la coopération internationale et de la Francophonie, Crispin Mbadu Phanzu, accompagné de la candidate de la RDC à l’OIF, a été reçu en audience par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Togo et médiateur de l’Union africaine (UA) dans le conflit dans l’Est de la RDC.

Lors de cette rencontre, le ministre Mbadu a transmis au président Gnassingbé un message du chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, sollicitant le soutien du Togo à la candidature de la RDC au Secrétariat général de l’OIF. Juliana Lumumba a présenté, à son tour, la vision du Congo pour le rayonnement d’une francophonie plus inclusive, rapporte la présidence togolaise.

Les discussions ont également porté sur le renforcement des relations bilatérales entre Lomé et Kinshasa, signale la même source.

L’OIF, dont le siège est à Paris, en France, regroupe 90 Etats et gouvernements – 53 membres, 5 membres associés et 32 observateurs. Son ou sa Secrétaire général (e) est élu (e) par les chefs d’État et de gouvernements pour un mandat de quatre ans, renouvelable.

Duel à l’OIF : Lumumba face à Mushikiwabo

Le scrutin de cette année, prévu lors du sommet de la Francophonie en novembre prochain au Cambodge, prend des allures de véritable bras de fer géopolitique. Face à Juliana Lumumba se dresse Louise Mushikiwabo, ancienne cheffe de la diplomatie rwandaise et actuelle Secrétaire générale de la Francophonie, en poste depuis 2018, soutenue pour un troisième mandat par le Rwanda, pays anglophone.

À l’opposé, pour Kinshasa, le choix de Juliana Lumumba répond à une logique de réappropriation culturelle. En la désignant, la RDC entend contribuer à une Francophonie « plus moderne, plus inclusive et plus proche des peuples ». Selon les autorités congolaises, cette candidature exprime la volonté du pays — deuxième espace francophone au monde en termes de locuteurs, avec près de 78 % des 100 millions d’habitants parlant français — de porter le renouveau et le rayonnement de l’espace francophone.

L’élection à l’OIF constitue un nouveau bras de fer diplomatique entre Kinshasa et Kigali sur fond de conflit dans l’Est de la RDC, où l’armée congolaise affronte le groupe armé AFC/M23, appuyé par des forces rwandaises.

En voulant diriger l’OIF, la RDC veut faire de cette institution  le nouveau terrain de son affirmation diplomatique.

Enock Mwaka

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