Au moins 200 civils, principalement des creuseurs artisanaux, ont perdu la vie dans un éboulement survenu le mercredi 28 janvier sur le site minier de Luwowo, dans l’agglomération de Gasasa, au cœur du périmètre minier de Rubaya, territoire de Masisi (Nord-Kivu).
Le drame s’est produit dans un contexte d’exploitation minière qualifiée d’illégale et de sauvage par le gouvernement congolais.
Selon les rapports de terrain, cet éboulement massif aurait fait au moins 200 morts. De nombreuses personnes ont été ensevelies alors qu’elles se trouvaient à l’intérieur ou à proximité immédiate des puits de creusage, dans un environnement marqué par l’absence totale de normes de sécurité.
« En juin 2025, plus de 300 civils avaient déjà perdu la vie dans des circonstances similaires dans le même périmètre minier, traduisant un schéma récurrent de mise en danger des populations civiles », rappelle Kinshasa.
Dans un communiqué daté du 31 janvier, le gouvernement a exprimé sa solidarité aux familles endeuillées et les communautés affectées, tout en rappelant que le périmètre minier de Rubaya avait été classé au statut « rouge », interdisant toute activité d’exploitation et de commercialisation des substances minérales, y compris artisanale.
L’exécutif central a dénoncé un système structuré de pillage et d’exploitation illégale des ressources naturelles dans ce contexte d’occupation armée, inscrit dans une chaîne d’approvisionnement illicite à grande échelle. Selon les chiffres avancés, entre 112 et 125 tonnes de coltan seraient extraites chaque mois dans le périmètre de Rubaya et acheminées vers le Rwanda, en dehors de toute autorisation administrative et de tout mécanisme de traçabilité conforme.
Selon Kinshasa, cette réalité se reflète dans les anomalies statistiques constatées au niveau régional, notamment l’augmentation de plus de 200 % des exportations de coltan du Rwanda entre janvier et juin 2025, sans rapport avec ses réserves naturelles connues, révélant des mécanismes de blanchiment de minerais congolais issus de zones sous occupation armée.
Le gouvernement pointe par ailleurs l’inefficacité des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité et de certification des minerais, ainsi que la responsabilité des acheteurs internationaux qui continueraient de s’approvisionner en minerais provenant de sites interdits.
Tout en réaffirmant son engagement en faveur d’une paix durable, les autorités congolaises assurent poursuivre la documentation des faits et annoncent des démarches devant les instances juridictionnelles compétentes afin que les responsabilités soient établies.







