Alors que le gouverneur de la Ville-province de Kinshasa Daniel Bumba a interdit sa marche prévue le 15 décembre pour exiger la tenue d’un dialogue national, l’opposant Jean-Marc Kabund accuse l’exécutif provincial de violer l’article 26 de la Constitution, qui garantit la liberté de manifestations, et de se ranger « du côté de l’arbitraire et de l’oppression ». « Aucune interdiction illégale, aucune intimidation, aucune manœuvre de terreur ne nous fera reculer face à la dégradation sécuritaire à l’Est du pays », a-t-il écrit sur son compte X, précisant que « notre marche est maintenue ».
À Kinshasa, le climat politique est à nouveau électrique. Le gouverneur de la ville a rejeté la tenue de la marche pacifique annoncée pour le 15 décembre 2025 par la Coalition de la Gauche Congolaise, dirigée par Jean-Marc Kabund.
Dans une correspondance datée du 11 décembre, l’exécutif provincial indique ne pas pouvoir en prendre acte. L’itinéraire proposé traverse, selon lui, une zone interdite aux manifestations publiques, conformément à un arrêté datant de 2021.
« Chaque acte d’intimidation rencontrera une résistance farouche », rétorque Kabund
Pour l’opposant, cette interdiction constitue une tentative délibérée d’étouffer toute contestation populaire.
Selon lui, le pays vit sous une « démocratie confisquée », où les droits fondamentaux sont accordés ou retirés au gré des intérêts du pouvoir en place.
« Pendant que nos compatriotes de l’Est sont livrés à l’agression étrangère et à l’abandon de l’État, le pouvoir choisit de museler les Congolais qui réclament des actions concrètes », déplore-t-il.
Blessé en tête récemment au Camp Luka où il était sur le point d’animer une matinée politique dans le cadre de la mobilisation pour cette marche avortée par le patron de la Ville-province de Kinshasa, Kabund accuse également les autorités de financer des contre-marches avec des fonds publics et de recruter des Kulunas jeunes délinquants de la ville pour intimider les manifestants.
Face à ce qu’il qualifie de « tyrannie » et de « dérive autoritaire », qu’il considère comme « une trahison grave de l’idéal démocratique pour lequel tant de Congolais se sont battus », l’opposant exhorte les Congolais à reprendre leur souveraineté dans la rue et à ne plus se soumettre à la peur.
« Ce lundi 15 décembre, nous appelons le peuple à se lever, à briser le mur de la peur et à reprendre, pacifiquement mais fermement, sa souveraineté dans la rue. Chaque atteinte à nos libertés renforcera la détermination citoyenne et populaire, ainsi que la lutte pour la dignité, la justice et la libération démocratique de notre pays. Chaque acte d’intimidation rencontrera une résistance farouche de notre part. Peuple congolais, lève-toi et prends ton destin en main », a-t-il mobilisé.
Enock Mwaka







