Haut-Uele : la FEC dévoile les causes profondes de l’insécurité à Watsa

La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, en province du Haut-Uele, préoccupe de plus en plus les opérateurs économiques. Lors du meeting tenu le week-end dernier au stade communautaire, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a exposé au gouverneur les principales causes de la montée de l’insécurité qui frappe la région.

Selon la FEC/Watsa, la recrudescence des actes criminels, notamment les braquages visant les commerçants, s’explique par plusieurs facteurs structurels.

« Le territoire de Watsa, à l’instar d’autres coins de la République, fait face à une montée vertigineuse de l’insécurité, occasionnée principalement par la recrudescence de la criminalité et de la délinquance juvénile, dont les opérateurs économiques paient le lourd tribut. Actuellement, il ne se passe un jour sans qu’un opérateur économique ne soit attaqué, braqué, blessé ou assassiné », déplore ce patronat.

Parmi les causes identifiées, la FEC évoque notamment la circulation incontrôlée des armes légères, l’inefficacité des services chargés de démanteler les réseaux criminels, ainsi que le faible effectif des forces de l’ordre et l’insuffisance des moyens matériels et logistiques mis à leur disposition.

« Nous avons, à notre niveau, mené des analyses pour tenter de comprendre ledit phénomène et avons abouti aux constats simplistes suivants : la circulation incontrôlée des armes légères comme facteur de propagation de la criminalité ; l’inefficacité des actions pour démasquer les réseaux criminels ; l’effectif réduit de policiers et l’insuffisance de moyens matériels et logistiques mis à leur disposition ; la présence de militaires et de policiers dans les sites miniers pour la garde des coopératives minières », peut-on lire dans la déclaration lue par Patricien Masudi, secrétaire administratif de la FEC/Watsa.

La fédération dénonce en particulier l’affectation de policiers et de militaires à la sécurisation des sites miniers privés, estimant que cette situation se fait au détriment de la sécurité publique.

Face à cette criminalité persistante, la FEC craint des conséquences économiques majeures pour le territoire.

« Face à cette criminalité grandissante, nous craignons la fuite des capitaux qui amenuiserait les investissements dans le secteur clé de l’économie du territoire, dont les effets seront ressentis sur l’emploi, le développement social et les finances publiques. D’où l’appel à la responsabilité de l’État en tant que garant du bien-être de la population », conclut la FEC.

Il sied de noter que le gouverneur, qui a échangé avec la population lors de ce meeting organisé samedi dernier au stade communautaire, a annoncé des mesures concrètes, notamment des réaménagements au sein des services de sécurité, afin de renforcer l’efficacité des opérations et de rétablir la confiance entre les autorités et la communauté.

Ariko Timothée

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