L’inquiétude grandit dans la province de la Tshopo. Le journaliste Serge Sindani, figure de la presse locale à Kisangani, a été arrêté mardi 3 mars dernier par des hommes se réclamant des services de renseignement. L’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) dénonce un « enlèvement » et une violation flagrante des procédures légales.
L’alerte a été donnée en milieu de journée. Il était environ 12 heures, heure locale, lorsque Serge Sindani est abordé au siège du FRIVAO (Fonds de solidarité contre les victimes des activités armées de l’Ouganda). Selon l’UNPC/Tshopo, des agents se présentant comme appartenant à l’Agence nationale de renseignements (ANR) l’ont contraint à monter à bord d’un véhicule, sans mandat ni explication immédiate.
Ce qui scandalise la corporation journalistique, c’est avant tout l’opacité qui entoure cette arrestation. Serge Sindani n’est pas n’importe qui dans le paysage médiatique de la Tshopo : il est le directeur général du groupe Roméo et Sœurs, responsable du média en ligne kis24.info et correspondant du site Beto.cd.
Dans un communiqué publié quelques heures après l’incident, l’UNPC/Tshopo s’alarme du sort réservé au journaliste. À l’heure actuelle, aucune charge n’a été officiellement notifiée à l’intéressé. Il n’a pas non plus été entendu sur procès-verbal, ce qui constitue, selon le syndicat, une entorse majeure aux droits de la défense garantis par la Constitution congolaise.
Pour les représentants de la presse locale, cette méthode d’interpellation s’apparente à une stratégie d’intimidation visant à museler les voix indépendantes de Kisangani.
« L’enlèvement d’un professionnel des médias en dehors du strict respect des procédures légales porte gravement atteinte à la démocratie », martèle le communiqué signé par Ma Gloire Bolunda et Sébastien Mulamba.
L’UNPC exige désormais quatre points clés : la notification immédiate des faits reprochés ; l’accès sans délai à un avocat ; la libération immédiate si aucune charge solide n’est retenue ; une garantie de sécurité pour tous les journalistes de la province.







