Les États-Unis ont mené, jeudi 25 décembre, une opération militaire d’envergure contre la racaille terroriste de l’ État islamique (EI) dans le Nord-ouest du Nigeria. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, le Président américain Donald Trump a affirmé avoir donné l’ordre de frappes « puissantes et meurtrières » ciblant des terroristes responsables de l’assassinat de chrétiens innocents.
Selon lui, ces violences atteindraient un niveau « jamais vu depuis de nombreuses années, voire des siècles ».
Trump rappelle avoir préalablement averti les groupes terroristes concernés que la poursuite des massacres contre les chrétiens entraînerait une riposte sévère des États-Unis.
« J’avais auparavant averti ces terroristes que s’ils ne cessaient pas le massacre des chrétiens, ils en paieraient le prix fort », a-t-il indiqué.
« Ce soir, ce fut le cas », a-t-il déclaré, ajoutant que le Département de la Défense a mené « de nombreuses frappes parfaites », mettant en avant la supériorité militaire américaine.
Le locateur de la Maison Blanche a également réitéré sa ligne dure contre le terrorisme islamiste radical, soulignant que, sous sa direction, les États-Unis ne permettraient pas à ce phénomène de prospérer.
Il a conclu son message par un hommage aux forces armées américaines, leur adressant sa reconnaissance, avant de souhaiter un « Joyeux Noël » à tous, y compris, de manière ironique, « aux terroristes tués » lors de l’opération.
« Ils seront nombreux si leur massacre des chrétiens se poursuit », a-t-il avertit.
En septembre, l’humoriste et animateur américain Bill Maher, cité par la BBC, avait qualifié la situation dans le nord-est du Nigéria de « génocide ».
Il évoquait Boko Haram, affirmant que le groupe « a tué plus de 100 000 personnes depuis 2009 et incendié 18 000 églises ».
Frappes américaines contre l’EI, un signal pour rebelles de l’AFC/M23 ?
A Kinshasa, ces frappes sont perçues comme un signal fort adressé aux groupes armés opérant dans l’Est de la RDC, notamment l’Alliance des forces congolaises (AFC/M23). « Que ceux qui campent autour des montagnes d’Uvira, ainsi que les ADF qui massacrent des Congolais, se tiennent prêts : les règles d’engagement ont totalement changé », a commenté le journaliste Litsani Choukran sur son compte X.
Uvira, zone rouge
Début décembre, l’offensive du M23 à Uvira a fait plusieurs morts et d’importants dégâts matériels : hôpitaux pillés, écoles fermées et pénurie de médicaments. Plus de 391 000 enfants touchés et près de 500 000 déplacés, selon l’ONU.
L’accord de paix menacé
Ces violences interviennent après l’entérinement, le 4 décembre à Washington, de l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda le 27 juin sous l’égide de l’administration Trump. Les États-Unis ont demandé aux rebelles de reculer jusqu’à 75 kilomètres autour d’Uvira.
Washington vigilant
Si les rebelles ont évoqué un retrait conditionnel sous la supervision d’une « force neutre », Washington déplore leur présence persistante et accuse le Rwanda de pousser la région vers la « guerre ».
Alors que l’horreur et la terreur persistent à l’Est de la RDC, une interrogation plane : les États-Unis frapperont-ils à l’image de leurs récentes opérations au Nigeria ? Seul le temps apportera la réponse.
Enock Mwaka







