Le gouvernement a annoncé la mise en œuvre d’un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État dans la ville d’Uvira et ses environs, dans l’est du pays. Cette annonce a été faite lundi 19 janvier à Kinshasa, au lendemain du retrait des rebelles de l’AFC/M23 et de l’armée rwandaise de cette ville stratégique du Sud-Kivu.
Selon les autorités congolaises, ce plan intègre des mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires coordonnées. Il vise à rétablir durablement la sécurité, à protéger les populations civiles et à favoriser la stabilisation sociale dans la région.
Les Forces armées de la RDC (FARDC), la Police nationale congolaise et les autres services de sécurité ont entamé un retour progressif et ordonné à Uvira afin d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.
Le gouvernement affirme toutefois que ce retrait ne constitue pas, à ses yeux, un signe d’apaisement. Il accuse les forces rwandaises et leurs alliés de l’AFC/M23 d’avoir précédé leur départ par des actes de pillage, de désordre organisé et de stigmatisation communautaire, ayant fragilisé la cohésion sociale et accru la vulnérabilité des civils.
Kinshasa insiste par ailleurs sur le fait que la situation sécuritaire reste préoccupante dans l’Est du pays. Pour les autorités congolaises, seule une cessation totale et sans condition de la présence des forces rwandaises et de leurs supplétifs sur le territoire national pourrait ouvrir la voie à une paix durable, conformément notamment à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU et aux processus diplomatiques en cours.
Le gouvernement dénonce également la déportation de civils, y compris des membres de la communauté banyamulenge, affirmant que certains auraient été contraints de quitter Uvira. Il salue la position de cette communauté, qui, selon lui, refuse d’être instrumentalisée pour justifier la poursuite du conflit.
Les autorités appellent la population au calme et à la retenue, tout en mettant en garde contre la désinformation et les discours de stigmatisation susceptibles d’exacerber les tensions dans une région déjà fortement éprouvée par des années de violences.







