En séjour aux États-Unis en marge de sa participation au National Prayer Breakfast, une rencontre annuelle à laquelle est conviée l’élite politique, économique et sociale, le président Félix Tshisekedi a reçu un soutien de poids au Capitole. Mercredi dernier, des sénateurs américains ont exigé le retrait « total » des troupes rwandaises du sol congolais, désignant explicitement le soutien de Kigali aux rebelles du M23 comme l’obstacle majeur à la paix dans la région des Grands Lacs.
Le ton monte à Washington. À l’issue d’un entretien avec le chef de l’État congolais, les sénateurs américains Jim Risch (R-Idaho) et Jeanne Shaheen (DN.H.), respectivement président et membre de rang du Comité des affaires étrangères du Sénat, ont exprimé leur vive préoccupation face à l’occupation persistante de certaines parties de l’Est de la RDC par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, qui selon eux, ne peut plus durer.
Dans une déclaration rendue publique, ils ont insisté sur « l’urgence d’un retrait total des forces rwandaises de la région, condition sine qua non d’une paix véritable et durable » dans la région des Grands Lacs, particulièrement dans l’Est de la RDC.
Jim Risch et Jeanne Shaheen ont, par ailleurs, tiré la sonnette d’alarme sur la crise humanitaire qui frappe l’Est du pays. « La catastrophe humanitaire qui sévit dans l’Est de la RDC, où près de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, est intolérable », ont-ils déclaré, dénonçant le sort réservé aux femmes, aux enfants et aux communautés minoritaires, trop souvent victimes collatérales de ce conflit armé.
Au-delà des mots, ils ont appellé l’administration Trump à passer à l’offensive diplomatique. Les États-Unis doivent, selon eux, prendre des sanctions contre ceux qui bafouent les accords de paix afin de « dissuader toute nouvelle violation. »
« Les États-Unis sont prêts à renforcer leur soutien à la RDC et ce soutien bipartisan doit se traduire par des efforts concrets de la part de toutes les parties pour respecter leurs engagements au titre des Accords», ont-ils insisté dans une déclaration.
Si le curseur est placé sur la responsabilité rwandaise dans la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, les sénateurs américains n’ont pas pour autant délivré un chèque en blanc à Kinshasa. Pour garantir une « stabilité durable », ils ont exhorté les autorités congolaises à prendre « des mesures décisives contre les FDLR et les milices violentes de Wazalendo qui s’en prennent aux populations locales. »
Tout en réaffirmant leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, ils ont plaidé en faveur de la tenue d’un dialogue national en vue de renforcer la cohésion nationale et l’unité du pays
« Nous espérons qu’à la suite de cette visite, la RDC s’engagera de nouveau dans un dialogue national crédible sur les solutions militaires, afin que Kinshasa puisse instaurer la cohésion politique nécessaire à l’unification du pays et consolider l’avenir de notre partenariat bilatéral », ont-ils indiqué.
L’enjeu des minerais et du corridor de Lobito
La rencontre a également porté sur le partenariat sécuritaire et économique, notamment autour des minéraux critiques. Washington mise gros sur la revitalisation du corridor de Lobito afin de favoriser une croissance économique mutuelle, le commerce régional et une coopération à long terme entre les États-Unis et l’Afrique.
Selon la présidence congolaise, le président Tshisekedi a insisté particulièrement sur le respect des engagements souscrits, l’importance de la protection des populations civiles, la garantie des mécanismes de suivi crédibles, ainsi que sur le rôle stratégique de la RDC dans la stabilisation de la région des Grands Lacs et la sécurisation des minerais critiques.







